Pilates en Speedtwin – Merci Anthony

L’essai est programmé depuis des semaines… C’est vrai que d’essayer le tout dernier modèle Bonneville de Triumph, la Speedtwin 1200 et manger une tartiflette à la soirée de lancement était très tentant.

Le jour J arrive, il fait moins de 10 degres. Je m’équipe en fonction.. Gilet et gants chauffants. Le ride jusqu’à la concession Diagonale 78 à Louceviennes va me permettre de tester mon nouveau guidon « T-bar » sur La Citée ainsi que mon nouveau casque SHOEI vintage. J’avais des doutes sur le confort du nouveau guidon qui allait entamer la griffe « club style » sur ma Harley mais qui me semblait tout aussi haut que le « ape hanger » d’origine. Disons que j’ai écouté mes amis d’1m80… Dès la prise en main, je ressens mes angoisses de jeune pilote. Ma moto est parfaite et possède un centre de gravité assez bas pour allèger ses 320kg. Une édition spéciale était sortie avec un guidon plat que j’avais seulement enfourché mais la sensation était flagrante. La manipulation gagnait en fluidité. J’ai donc décidé de mettre un guidon plat sur la mienne malgré les « c’est moche » retentissants de l’atelier. L’essai du « T-bar » est un échec. Je ne me sens pas à l’aise au guidon de ma propre moto. Je dois forcer sur les poignets pour atteindre mon embrayage et j’ai la tête enfoncée dans les épaules. Et puis j’ai froid ! J’ai des frissons qui traversent mon corps de haut en bas. Le ride vers la concession ne fut pas une partie de plaisir… Loin de là.

J’arrive donc frigorifiée et mal à l’aise pour mon essai. Un accueil chaleureux, une aide pour garer La Citée sur le trottoir exiguë de la concession ainsi que de grands sourires effaceront l’ardoise de mon « bad mood ».

Puis vient le moment de prendre en main ce tout nouveau 1200 de la marque anglaise. A vrai dire, j’avais un vague souvenir des modèles présentés en France pour le lancement mondial, soirée que j’avais malheureusement loupé. Je re-découvre donc ce petit bijoux rouge. On m’explique les modalités techniques d’utilisation et comment passer les différents modes de conduite entre « Rain – Road et Sport » qui m’intriguent, voir m’excitent déjà. « Aller, bon ride à toi ».

Je chevauche ce petit roadster dont la prise en main fut si rapide que je me retrouve à tester tous les boutons et positions sur la selle comme si c’était une application smartphone. Quelle facilité ! J’en oublie le froid et mon nouveau guidon. Je me cale sur le tout devant de la selle, je serre les genoux et mon entre-jambes épouse parfaitement le réservoir de la « speedtwin ». Ok, bébé, c’est parti !

Je traverse la ville et remonte vers Versailles. J’arrive sur des tranches de route à 70km/h… ça suffit pour enclencher le mode sport ça non ? Je l’enclenche, je suis trop curieuse. Les rapports sont fluides. Elle offre un beau couple et un petit son que je qualifierais « d’élégant ». Et une fois le mode sport enclenché… Waouuhh !! Une énergie supplémentaire s’ajoute, une sensation de propulsion t’emmène sans effort… Un petit « youhouuuuu » sort de ma bouche.

Je file vers la campagne de Rennemoulin. Le paysage défile sous ma visière. J’observe le comportement de la machine qui au bout d’une demi heure paraît être la prolongation de mon corps. C’est fou !

Je reprends mes esprits et j’affiche l’heure sur mon compteur. Oups ! Il est l’heure de mon cours de Pilates. Deux solutions s’offrent à moi : soit je m’arrête pour prévenir ma prof de mon retard, soit je trace la route en assumant mon retard sur le compte d’un pure plaisir mécanique. Je vous laisse deviner mon choix.

Au son de la moto, ma prof de Pilates sort et me lance un « ça a l’air bien sympa ça aussi ». Oh oui, c’est bien sympa.

Une maniabilité remarquable, un mode sport qui décoiffe et tout ce qu’on attends d’une moto qui réchauffe le coeur !

Pilates en speedtwin ont égayé cette journée de reprise moto un peu plus dure que les autres. Merci Anthony ! Vivement la tartiflette de ce soir, MIAM !